Calcul de la Zakat al-maal pour les entreprises
Muslim Media School
23 février 2024
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L’essence de l’islam est basée sur cinq piliers qui conduisent les pratiques de tout croyant. L’observation stricte de ces piliers est une obligation qui incombe à chacun, c’est également la source de l’élévation spirituelle et la clé du paradis.

Parmi ces piliers fondamentaux, on trouve Zakat al-maal qui est le troisième pilier de l’Islam. L’obligation de s’acquitter de la Zakat concerne tout musulman ayant rempli les conditions pour la payer. C’est une contribution importante dont le but est de venir en aide aux plus démunis et de satisfaire son créateur.  

Parmi les objectifs les plus nobles, manifeste  de cette obligation, on trouve dans la réduction des inégalités sociales et le soutien des pauvres et des vulnérables.

Le caractère obligatoire de la zakat n’affecte pas que les personnes physiques, même les personnes morales à savoir les entreprises sont concernées.

Explorons ensemble les conditions de l’obligation de la Zakat al-maal pour les entreprises, comment calculer la zakat pour les entreprises ? Et à qui doit en reverser cette Zakat ?

Les conditions de l’obligation de la Zakat pour les entreprises 

Pour les musulmans, la Zakat n’est pas un choix, celle-ci est imposée par ALLAH. La zakat acquiert son caractère obligatoire que lorsque la richesse de l’entreprise atteint le minimum imposable (le nissab), et que ce minimum imposable reste immobilisé après l’écoulement d’une année lunaire.

Le nissab est le seuil de richesse à partir duquel la zakat al mal devient obligatoire. Il est commun que le nissab représente 85g d’or, ou 595g d’argent, ou ce qui est équivalent en monnaie. 

La zakat al-maal concerne également les éleveurs d’animaux de pâturage tels que les bovins, les ovins, les caprins et les camelins. Pour les chameaux, le seuil est de cinq chameaux. Pour le bœuf, le seuil est de trente têtes. Pour le mouton, le seuil est de quarante têtes. Pour en savoir plus sur le détail de la zakat al-maal sur les animaux, rendez-vous sur : https://www.al-feqh.com/fr/la-zaka-de-la-bête-du-cheptel

Sachez que la zakat est également redevable sur les récoltes.

Selon un hadith de Mu’adh : “Une charité prélevée sur les riches parmi eux est redistribuée aux pauvres parmi eux” signifiant qu’elle est prélevée sur les riches musulmans et donnée aux pauvres qui en ont besoin. 

Il est également requis que le donateur ait la capacité de possession, donc on ne donne pas la zakat à une personne qui n’est pas majeur islamiquement ou qui a perdu la raison.

Comment calculer la Zakat al-maal pour les entreprises ?

Pour toutes entreprises industrielles ou commerciales, la zakat représente une obligation religieuse. Ces entreprises font donc l’objet du prélèvement de la Zakat sur les marchandises. Quoique, cette zakat ne concerne ni les outils, ni les équipements, ni les véhicules, ni même les locaux. À condition que ces derniers soient destinés à l’utilisation et non à la vente.

Pour calculer la Zakat sur les entreprises, il faut tout d’abord recenser tout ce qui se trouve dans l’entrepôt de l’entreprise, à savoir les matériaux achetés pour être revendu par la suite. Une estimation de la valeur marchande de tous ces éléments et non pas le prix d’achat initial. Cette étape est essentielle pour calculer la zakat al-maal pour les entreprises.

Après avoir tout recenser, il faut ajouter les sommes d’argent liquide disponible sur le site de l’entreprise et sur ses comptes bancaires, et ajouter les créances que l’on juge récupérables. À la suite de cela, on déduit les dettes dues et non pas les échéances à venir.

Après tout avoir additionné, il est crucial de s’acquitter de 2,5 % du total capitalisé pour payer sa Zakat al-maal d’entreprise et reverser ce montant à quelqu’un qui le mérite.

À qui doit-on verser la Zakat al-maal des entreprises ?

« Les aumônes ne sont destinées qu’aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui y travaillent, à ceux dont les cœurs sont à gagner, pour affranchir les esclaves, pour ceux qui sont lourdement endettés, pour la cause d’Allah et pour le voyageur en détresse, [ceci est] un devoir imposé par Dieu, et Dieu est Omniscient, Sage. »  Sourate At-tawba, verset 60

À travers ce verset coranique, Allah a classé les gens qui méritent la Zakat en 8 catégories :

  • Les pauvres : ce sont les personnes dans le besoin qui n’ont aucun moyen.
  • Les nécessiteux : ce sont les gens qui ont peu d’argent, mais qui sont mieux lotis que les pauvres.
  • Ceux qui y travaillent : Ce sont eux qui sont chargés par le gouverneur ou son adjoint de collecter l’argent de la zakat. Les collecteurs et les gardiens de cet argent sont rémunérés à partir de l’argent de la zakat.
  • Ceux dont les cœurs sont à gagner : Ils constituent le groupe dont les cœurs sont enclins à accepter à l’Islam ou à s’y attacher en raison de la faiblesse de leur Islam, ou pour protéger les musulmans de leur mal, ou parce qu’ils apportent des bénéfices.
  • Les esclaves : Cette catégorie concerne les esclaves et les captifs. Cela inclut même les esclaves qui souhaitent s’affranchir par contrat (moukatab) qui seront libérés en payant une somme convenue à leur maître, ainsi que les musulmans tombés en captivité chez des mécréants.
  • Ceux qui sont endettés : Ce sont ceux qui ont contracté des dettes et qui ne sont pas en mesure de rembourser leurs créanciers.
  • Pour la cause d’Allah : Ça concerne les moudjahidines qui sont sortis pour combattre l’ennemi, dans le but d’élever la parole d’ALLAH. Quant à ceux qui sont sortis pour des intérêts mondains, ils ne méritent pas de recevoir une part de la zakat. Il a également été dit que cela inclut ceux qui se consacrent à la quête du savoir religieux. 
  • Les voyageurs en détresse : C’est tout voyageur dont les ressources se sont épuisées après avoir quitté son pays. Il doit recevoir de l’aide pour atteindre son objectif ou pour retourner dans son pays, même s’il est riche dans son lieu de résidence.

Conclusion sur le calcul de la Zakat pour les entreprises

La zakat ne constitue pas la seule forme de charité en Islam, mais elle constitue le troisième pilier de cette religion.

Les riches et les entreprises doivent répondre à cette obligation religieuse, tout en contribuant de manière significative à la réduction des inégalités sociales, à l’aide des personnes en difficulté et au réconfort de ceux qui sont en détresse.

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